mercredi 11 septembre 2024

Salers, oh la vache !

 Lundi 9 septembre


Je quitte Hugo, direction Salers par la 1ère piste cyclable de ce voyage sur 10 km, une ancienne voie ferrée, ça ne va durer ! 

Bien tranquille pour commencer la journée


Je passe dans le tunnel de Parensol, c'est toujours une ambiance particulière d'emprunter cette voie construite pour le train, une réalisation pérenne qui va durer dans le temps, au vu des techniques de travail de cette époque, où les méthodes lentes étaient synonymes de qualité.

Celui est éclairé, merci !

A Mauriac, je commence à prospecter pour un hébergement ce soir, et je rencontre Eric qui est en train de gratter pour trouver la fortune. Il me donne le prénom de Rémi, avec qui il travaillait dans un village VVF. Comme cuistot, il a bossé dans le monde entier, c'est une profession qui ouvre bien des portes, surtout si on est Français. Va pour cette piste, faut y croire !


Le premier jalon de la recherche d'un toit, merci Eric


Sur une route enfin à peu près plate, je note la présence de plein de troupeaux de vaches Salers, bien placides dans les près, à l'origine des tomes bien connues.

 









Arrivant dans la ville, surprise : la 1ère crevaison depuis 2500 km, et le pneu d'occasion offert par Michel vers Châteauroux en 2022 rend l'âme, il est allé jusqu'en Italie et  a traversé les Pyrénées l'an passé, il a gagné le repos éternel.

Sur la place principale, il en a eu des curieux de la mécanique
Une superbe ville 


Un petit bout de ce qu'on peut voir
Christine, la reine des bijoux
Et en plus, elle me paie la petite bière d'arrivée de bl'étape

Continuant sur ma piste vers Rémi, je prends contact avec Christine qui tient une boutique de bijoux et pierres, et sur Emilie, de l'office du tourisme, qui me disent que le tuyau est bon, il y a même un "Gwen ha du" sur le restaurant des 3 burons, y a plus qu'à …

Un des 3 burons restaurés

Route vers le col de Néronne, on arrive vers 1200 d'altitude, un lieu où les parents de Lise et Rémi ont démarré une affaire de restauration dans des "burons" entièrement reconstruits il y a 30 ans. Ce sont les lieux de vie dans anciens éleveurs du Cantal, tout a été refait dans les règles et les enfants continuent à recevoir jusqu'à 180 couverts par jour, un exploit !

A voir si vous passez dans le coin :

https://www.buronsdesalers.fr/


Le toit en lauzes, 300 kg au m2

Ils en sont encore dans la fin des repas aidés par quelques employés et, cerise sur le gâteau, je me pointe pour un hébergement au moment où une équipe de télé de F3 fait un reportage sur ce lieu. Le chien dans un jeu de quille !!! 


Frère et sœur à l'ouvrage, Lise et Rémi

Mais, super gentils, il me permettent de dormir dans le fourgon, m'offrent de la truffade (Patates, tome de Salers et ail) et du jambon cru en plus:-) Comment les remercier !


Un abri pour la nuit, impec !
Un petit tour au col d'à côté, histoire de voir le pays


Temps bouché, mais  vue bien quand même hein !

Nuit fraiche, mais on ne va pas se plaindre, hein ;-)









A demain sur le vélo





























Des noms à l'envers

 Dimanche 8 septembre

Je quitte Gaelle et Rémi sous un grand soleil, avec les indications fournies, je suis un itinéraire pas trop cabossé dans une belle campagne d'élevage bovin, très bucolique et paisible.


Déjà, je vais vers Besse et ça monte, pas normal ! Un superbe village médiéval et renaissance, une ambiance paisible et bon enfant, pas trop de monde. Le temps de faire quelques courses, du cantal vieux et une bouteille de vin bio pour les futurs hôtes, normal quoi.

Deuxième anomalie, je continue vers Super Besse, et là une très longue côte sur une route passante, cherchez l'erreur !

Je continue à grimper jusqu'au moment du petit repas frugal de la mi-journée, une pomme et un peu de fromage et de pain,  et je m'arrête où ? 

Je passe sur un plateau  à 1200 m et c'est parti vers le Cantal, en longeant plusieurs lacs hydro-électriques qui ne font pas toujours le bonheur des riverains pour des questions d'enlisement.

Je descends donc au moins 700 m sur 20 km pour arriver où ? A Saignes qui porte mal son nom car j'y arrivé sans trop de peine, et sans perdre une goutte de sang !

Rien compris !

 

Je suis reçu par Hugo, un Belge Flamand qui est un puits de science sur le domaine cycliste, il connaît tout, possède plein de vélos différents et est aux petits soins pour chacun. Il a roulé des milliers de km, avec des étapes de 250 km par jour,  de la folie pour moi !

Le fada du Puy Mary

 C'est donc naturellement qu'il se met à revoir mon petit vélo à 300 €, lui que ne compte pas en milliers pour ses différentes montures. Nettoyage dans les règles de l'art, et constat du bruit anormal sur la transmission : le grand pignon est en contact avec le petite roulette dessous, ce qui me prive d'un développement important dans les grosses côtes. A revoir à Aurillac...

Aux petits soins sur la chaîne

A demain sur le vélo



samedi 7 septembre 2024

En Auvergne direct !

 Bon, je le savais, le Massif Central c'est froid et pluvieux, ou chaud et sec. C'est la première option qui m'est tombée dessus avec un bel orage toute la journée. 

 

L'orage arrive, c'est sûr !

 

J'ai hésité à partir, mais la météo a dit pas de pluie avant 13h. Départ 9 h pour 40 km, c'est parti pour les premiers tours de roue, la grimpette dès le départ, fallait s'y attendre. Mais  à 10h les premières gouttes arrivent et elles vont bien grossir, les coquines. Un gros orage est annoncé.

Ambiance locale

 

Et bien entendu on passe de 400 à 1000m d'altitude, avec de beaux creux à gérer, fallait bien s'y attendre dans le pays, je suis venu pour çà. Mais il faut ménager les premiers efforts pour ne pas payer l'addition plus tard, j'en parle en connaissance de cause, je confesse que j'ai mis pied à terre une ou deux fois... Mais tout de même 1300 m de dénivelé positif, faut se les faire !

Le lac d'Aydat, vu d'en haut après l'avoir côtoyé
A noter le nom de la route, nous on dit menhir du breton "mein hir" la même chose
Corinne avec ses chiens bergers de Pyrénées, on a causé du pays

 

C'est tout de même un chouette pays, tellement beau qu'on se croirait à Plougastel ! Je me pointe pour 13 h à St Nectaire, un superbe village niché dans une vallée qui bénéficie de sources thermales chaudes (52°) , d'où la présence de thermes,d'un casino, de grands hôtels et aussi de fontaines pétrifiantes calcaires.

Arrivée sur St Nectaire
La bière locale, comme il se doit

 

 Mais le clou reste l'église romane, la plus belle de toute l'Auvergne assurément. 


Reste une belle montée chez Gaelle et Rémi, avec leurs quatre adorables filles. Il sont beaucoup d'attaches familiales avec la Bretagne, on s 'est de suite compris. Nous partageons bien des valeurs sur une consommation alternative. Et ce soir, un autre far est au four ;-)

Une tablée bien animée

 A demain sur le vélo !




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vendredi 6 septembre 2024

Reprise des trains-trains

Bon, c'est reparti vers les contrées ensoleillées du sud de la France, en prenant plein de trains comme il se doit. Départ 6 h dans la nuit de la maison, 1h25 de car jusqu'à Quimper, puis le TER vers Nantes et deux Intercités avec réservations pour le vélo, arrivée dans un air bien plus chaud à Clermont-Ferrand sans souci. 
Ne pas se tromper dans la place prévue pour les vélos 

 Dans le dernier train, j'ai pu causer avec Aube, elle aussi à vélo, ça rapproche, elle s'est vue taper 20 € pour son vélo pas déclaré au guichet, ça fait cher le billet pour 100 km !!! De plus, elle s'est voler 6 vélos ici, me voilà prévenu. 

Aube, ultra-sportive, mais  en groupe
 

Je retourne dans la capitale de l'Auvergne, deux ans après y être passé dans ma diagonale vers l'Italie, je commence à sillonner pas mal le pays. 

Une voie qui rappelle le passé communiste de cette ville ouvrière

 Arrivée facile chez Jacques, sportif de tout poil, plein de vélos, du parapente et foot en salle. De suite, le courant passe,  j'attaque mon premier far et Jacques démarre le barbecue avec les légumes du jardin. On commence bien ! 

Jacques et ses 6 vélos

 Je retrouve les réflexes du voyageur qui s'installe facilement dans une nouvelle maison, ça devient une normalité.

A demain sur le vélo !   



mardi 3 septembre 2024

Un Breton vers le sud

Et voilà le 5e voyage à vélo qui se profile dans un horizon proche, c'est la rentrée habituelle, mais pas dans une classe, non ! De nouvelles perspectives en vue, des routes vallonnées m'attendent dans les prochains jours. Hé oui, ça va être pentu dans les coins que je vais visiter sur mon fidèle petit vélo, depuis Clermont-Ferrand vers Montpellier. En voiture, ce serait un trajet de 10 h sur 600 km. Mais en vélo, c'est une autre histoire, des côtes, des montées, des grimpettes, des escalades dans toutes les directions, je verrai sur place, chaque jour apportera son lot d'efforts musculaires. Partir de la capitale du Massif Central, virevolter dans les monts d'Auvergne, direction Aurillac, une ville hautement située, l'Aubrac, Les Causses vers Ales, avant la descente sur la côte méditerranéenne, mais par les Cévennes s'il vous plaît ! Voilà le programme, pas très long cette année, mais sportif, c'est couru d'avance ! J'ai donc relancé mes recherches de lieux d’hébergement, beaucoup de courriels sur Servas et Warmshowers, et les réponses reviennent, une bonne moitié positives. J'ai donc à peu près assuré mes nuits pour une dizaine fois, c'est cool ! Je me méfie de ces pays accidentés, doucement sur les distances, parfois même de petites étapes, histoire de ne pas trop en faire et pouvoir me permettre des détours de visites Et toujours la hâte et le bonheur de rencontrer encore d'autres personnes bienveillantes, qui n'ont pas peur d'ouvrir leur porte, d'accueillir un inconnu. Je laisse une bonne partie des étapes encore dans le flou, je vais attendre les conseils des locaux pour dessiner l'itinéraire qui se présentera le moment voulu. Et aussi pour prendre le temps de voyager à vitesse humaine, au bon vouloir des mes muscles, des paysages qui vont s'ouvrir à mes yeux, nous habitons un beau pays tout de même!

lundi 2 octobre 2023

Arrivée à la mer

 Vendredi 29 septembre

Voilà, c'est le dernier tronçon de cette aventure pyrénéenne, l'ultime chevauchée qui nous amènera, mon petit vélo et moi, vers le but de ce 4ème tour en France. Il faut grand beau temps, je profite des rayons du soleil avant de remonter demain vers l'ambiance automnale de la pointe de Bretagne.

Je quitte Nathalie et ses enfants assez tôt, tout le monde repart dans son établissement scolaire, et moi, je trouve la piste cyclable qui part à l'est vers Argeles-sur-Mer, bien tranquille.

Je me fais guider par une cycliste qui connait bien la route, elle part d'Amélie-les-Bains pour la baignade, et il y a toujours de petites rues à ne pas rater dans ces agglomérations assez denses sur la côte.

Collioure et sa citadelle, très prisée

 

Encore quelques belles montées sur cette côte qui signe la fin des montagnes. C'est une région viticole réputée, et toutes les terres sont utilisées pour produire le vin de Banyuls et autre muscat de Frontignan.C'est cultivé en terrasses et bien sûr vendangé à la main.

 

Port-Vendre est un beau piège à vélo, les indications pour Banyuls mènent vers un tunnel voie-express évidemment interdite aux vélos. Monté 3 fois un raidillon avant de découvrir un petit chemin pentu et rocailleux sur les conseils d'ouvriers municipaux, fallait vraiment le trouver, celui-là !

Fallait le trouver, celui-là !

 

Une des plages de galets de Banyuls

 

60 km pour finir enfin ce voyage jusqu'à l'autre côté, trouver sans problème la dernière maison, celle de Danielle qui m'avait donné toutes indications pour y arriver.

La dernière personne qui m'accueille

 

Le but était de comparer, après plus de 3 semaines, la température de la mer entre Anglet et Banyuls, la Méditerranée gagne d'un degré, eau calme comparée aux vagues surfeuses de l'Atlantique. Ça, c'est fait !

Le terme du voyage

 

Petite visite guidée dans la cité du sculpteur  Maillol et une belle vue sur un lever de peine lune face à la mer. Ah la douceur de vivre dans ces contrées, surtout en dehors des périodes estivales !

 

Le départ du fameux GR qui traverse toute la chaîne des Pyrénées
Les barques catalanes, belles aussi

 Ainsi se termine ce périple pas trop périlleux, sans la moindre crevaison, juste un porte-bagages un peu cassé à Biarritz. Encore pas mal d'erreurs de parcours presque tous les jours, c'est pas nouveau et ça fait voir du pays ;-) 

 

1274 km sur la selle du vélo à pédaler, ça en fait des heures passées en solitaire  le plus souvent, parfois accompagné. Beaucoup de temps à avancer lentement, au fil des paysages qui évoluent petit à petit, des km bien  longs dans des cols où ils tous notés avec le pourcentage de montée. C'est une manière d'avancer à taille humaine, ressentant les éléments de la nature, le vent, le soleil, la pluie (un tout petit peu), le froid en altitude, sur des revêtements routiers parfois super-roulants ou d'autres plus ingrats   qui freinent les roues, c'est le quotidien du cycliste.

Le couple inséparable

J'ai une pensée attendrie pour les personnes qui m'ont ouvert leur porte, qui m'ont permis de manger et dormir dans des lieux tellement différents,des caravanes, un squat, un chalet, des appartements et de belles maisons, avec parfois des vues superbes sur les montagnes. 


  Que  de rencontres ! Des rendez-vous prévus avant le départ, à la recherche de lieux bien placés dans l'itinéraire, dans la bonne direction et sur une distance raisonnable, grâce à Servas et Warmshowers, un travail de secrétariat de longue haleine pour écrire des messages, attendre une réponse, téléphoner parfois. Des passages prévus à ne pas manquer, de la famille et des amis déjà rencontrés dans d'autres voyages, ça c'est facile.

Et puis, très souvent, des ami(e)s d'ami(e)s, des surprises, des croisements de chemins qui débouchent sur un prénom et un numéro de téléphone et voilà un point de chute imprévu.

Toujours de belles personnes, une complicité instaurée dès le début, une bienveillance toujours présente, c'est le but de ces voyages, la rencontre de l'autre dans sa diversité et sa richesse.

 

 A plus tard sur le vélo